Maladrerie Saint Lazare à Beauvais

Un Patrimoine D’exception

 la maladrerie saint lazare

Comme hors du temps, cet ensemble architectural construit sur trois hectares renferme une histoire mystérieuse liée à celle des lépreux. Au Moyen Âge, ces malades, exclus, isolés du monde, étaient déclarés morts pour la société. Leur seul salut était alors d’être admis dans une Maladrerie.

Alors que le monde médiéval a compté jusqu’à 20 000 léproseries dans toute l’Europe, la Maladrerie Saint-Lazare de Beauvais reste aujourd’hui un des rares témoins de l’architecture et de l’histoire hospitalière des XIIe et XIIIe siècles. Derrière ses hauts murs, c’est un site d’une beauté architecturale singulière qui s’offre aux regards des visiteurs et raconte une histoire souvent méconnue où la lèpre était considérée comme la marque du Mal. Ce site unique en son genre, classé au titre des Monuments historiques, offre aussi aux amateurs de jardins une vision moderne du jardin médiéval. Dès le printemps, les visiteurs peuvent flâner entre le carré des simples et les plantes potagères, prendre le temps sous la pergola ou sur les pelouses du carré, dit, du cloître.

Les incontournables

La Grange

Longue de 44 mètres pour une hauteur de 12 mètres, son remarquable état de conservation en fait l’une des plus belles granges médiévales du nord de la France.Sa charpente, datée de 1219, constituée de prés de 800 chênes, est une des merveilles à ne pas manquer.

Le Jardin d’inspiration médiévale

Lieu propice à la détente ou à la médiation, il invite à la flânerie comme à la découverte en offrant au visiteur un aperçu des différents types de jardins ou cultures qui existaient au Moyen-Age.

La chapelle

Bâtiment le plus ancien du site, la chapelle Saint-Lazare est un remarquable témoignage de l’architecture romane de la région.

Le Logis

Daté de 1270, le logis servait d’habitation à la communauté religieuse qui s’occupait de l’administration du domaine et des soins aux malades. Bien qu’il ait été remanié au cours des siècles, ce bâtiment à l’ordonnance remarquable de fenêtres en tiers point, exprime la magnificence de la Maladrerie.

Neuf siècles d'histoire
A la Révolution, la maladrerie est divisée, puis vendue comme Bien national. Elle est  alors occupée  par une exploitation agricole aux XIXe et XXe siècles.

Depuis 2005, la Communauté d’agglomération du Beauvaisis s’est engagée à restaurer ce site d’exception. Aujourd’hui, concerts, expositions et visites thématiques se croisent et se succèdent pour faire découvrir ce joyau du patrimoine beauvaisien au plus grand nombre.

Un univers très cloisonné

Implantée sur un site de trois hectares entièrement clos, son fonctionnement est caractérisé par une organisation sectorielle très marquée, ordonnée entre la cour des malades, la cour des gens sains et la ferme dont cet établissement tire sa subsistance et une partie de ses revenus. Les lépreux, qui ont leur propre puits, vivent au sud-ouest de la Maladrerie dans des loges accolées au mur d’enceinte et donnant sur une cour qui leur est réservée. Cette dernière est agrandie au XVIIe siècle et dotée de nouveaux bâtiments dont il ne subsiste que des ruines et qui ont, peut-être, accueilli des pestiférés.

Trois chefs-d’œuvre de l’architecture médiévale subsistent encore sur les lieux. L’église, seul lien entre le secteur des malades et celui des gens sains, se compose d’une nef à bas-côtés, d’un transept à bras débordants, d’un clocher central à bâtière et d’un chœur, moins élevé que la nef, à deux travées et chevet plat. Elle a été entièrement édifiée au XIIe siècle, hormis les deux chapelles nord et sud et le clocher, ajoutés au XIIIe siècle. Chaque élément de cet édifice participe à son unité architecturale dont il souligne l’esthétisme.

La qualité architecturale et l’organisation interne du logis laissent à penser qu’il s’agit de la résidence du Maître de la Maladrerie, voire d’un bâtiment à vocation communautaire donc réservé aux frères. D’après les analyses dendrochronologiques menées sur le site, le logis date de 1270-1271 et la grange de 1219-1220. Cette dernière, qui a conservé sa charpente d’origine, est divisée en trois nefs que séparent deux rangs de neuf grandes arcades en tiers-point reposant sur des piles carrées. Fonctionnelle et esthétique, elle s’apparente aux granges monastiques de l’époque.

D’autres bâtiments ont été construits sur le site dont la bergerie qui présente le même appareillage que la grange. La maison de l’administrateur fut probablement édifiée à la fin du XIIe siècle comme l’atteste son cellier. A part d’anciennes portes et baies encore visibles dans les murs des façades nord et ouest, il ne reste pratiquement plus rien de la construction d’origine profondément remaniée à la fin du XIXe siècle. La maison du fermier date de la seconde moitié du XIXe siècle et abrite aujourd’hui les services administratifs du site de la Maladrerie. Bon nombre de constructions ont disparu mais les interventions archéologiques menées sur les lieux ont permis d’en retrouver les traces.

La restauration de la Maladrerie
L’initiative de sa réhabilitation a permis de partir à la redécouverte de ce remarquable ensemble hospitalier, parmi les mieux conservés d’Europe du Nord. Autrefois destiné à soigner les lépreux et les pestiférés, il est aujourd’hui bien loin de sa vocation première. Lieu à vocation touristique et culturelle, il accueille désormais concerts, expositions et séminaires. Ses trois hectares de superficie révèlent des vestiges d’exception dont l’intégralité est classée ou mise à l’inventaire des Monuments historiques.

En 2000, l’ensemble des parcelles et des bâtiments regroupant l’ancienne Maladrerie, était à l’état d’abandon, à l’exception de l’habitation. Certaines parties étaient en péril. Des restaurations avaient cependant été amorcées depuis 1979 sur la chapelle, la grange, le logis de la communauté et le mur de clôture. Des travaux d’urgence avaient permis de réparer le clocher à bâtière de la chapelle, partiellement effondré.

La Ville de Beauvais est devenue l’unique propriétaire de l’ensemble du site en 2002 et a réuni les trois zones (agricole, religieuse et sanatoriale) en une seule parcelle sur le plan cadastral.

L’année suivante, l’architecte en chef des Monuments historiques a été missionné pour assurer la restauration de la première tranche des travaux (grange, bergerie et annexes, murs de clôture, bâtiments d’habitation de la ferme et abords) dont le montant global s’élève à 5 millions d’euros. En 2005, la Maladrerie est reconnue d’intérêt communautaire et mise à la disposition de l’Agglomération du Beauvaisis dont le conseil communautaire s’est engagé dans le processus des travaux de rénovation de la ferme et de ses abords.

Le 11 octobre 2008, la grange a été inaugurée après un vaste chantier de réhabilitation et est devenue le lieu privilégié de concerts, spectacles, salons et séminaires.

Depuis cette date, les travaux se poursuivent avec l’aménagement des abords de la Maladrerie et l’inauguration du jardin d’inspiration médiévale en septembre 2010.

Ce grand projet de réhabilitation a requis un formidable déploiement d’énergie et de moyens pour parvenir à une véritable renaissance de la Maladrerie.

Chronologie

  • Fin XIe ou début du XIIe siècle : fondation de l’institution hospitalière
  • 1131 : première mention de la Maladrerie Saint-Lazare
  • XIIe siècle : construction de l’église
  • Fin XIIe siècle : construction de la maison de l’administrateur, remaniée à la fin du XIXe siècle
  • XIIIe siècle : adjonction à l’église des chapelles et du clocher
  • 1219-1220 : construction de la grange
  • 1270-1271 : construction du logis
  • Milieu du XVIIe siècle : agrandissement de la cour de la « léproserie » et construction de nouveaux bâtiments qui auraient accueilli des pestiférés
  • 1795 : la Maladrerie est divisée en trois lots qui sont vendus comme biens Nationaux
  • XIXe siècle : construction de la maison du fermier
  • 1895 : démolition du pressoir
  • 1914-1918 : la Maladrerie sert de cantonnement à différents régiments
  • 1939 : effondrement d’une partie du clocher ; classement des bâtiments comme Monuments historiques
  • 1971-1985 : restauration de la toiture de la grange puis de la chapelle
  • 1989 : inscription à l’inventaire des Monuments historiques des murs d’enceinte et de ses portes, de la bergerie afin de protéger l’ensemble du site
  • 2002 : la Ville de Beauvais devient propriétaire de l’intégralité du site
  • 2002-2003 : intervention archéologique sur l’emprise de la ferme
  • 2005 : transfert du site à la Communauté d’Agglomération du Beauvaisis qui gère désormais le projet
  • 2006 : Une réflexion est engagée afin de déterminer un programme d’activités à l’échelle du Beauvaisis mais également à l’échelon national et international. Dans cette perspective, l’espace de la  ferme  (grange, bergerie, maison du fermier et abords) bénéficie d’un programme de restauration correspondant aux exigences patrimoniales du site. La grange est la première à s’ouvrir au public et les travaux de ses abords comprenant notamment un jardin d’inspiration médiévale seront terminés début 2009.
  • 2007 : travaux de restauration sur l’emprise de la ferme (grange, maison du fermier du XIXe siècle, bergerie, murs de clôture) et fouilles archéologiques
  • 2008 : Le 11 octobre 2008, la grange a été inaugurée après un vaste chantier de réhabilitation et est devenue le lieu privilégié de concerts, spectacles, congrès et séminaires.
  • 2009 : Création d’un jardin d’inspiration médiévale comportant des essences conformes à ce qui était à l’époque cultivé sur les lieux.
  • 2010 : Inauguration du jardin d’inspiration médiévale samedi 11 septembre 2010.

 

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laissez-vous conter

 

 

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